Catégorie Leur vrai visage

Ignorance crasse et violence des faucheurs

1,26 hectares, 120 variétés détruites sur des essais officiels dits VATE (Valeur Agronomique, Technologique et Environnementale), 120 autres variétés saccagées sur des essais de contrôle variétal à la Pouèze dans le Maine et Loire. Les Faucheurs volontaires délinquants ont mené une opération commando dimanche de Pâques sur un site agricole supervisé par le Ministère de l’agriculture. Cette action est ressentie comme une grande violence par la recherche publique, les scientifiques et les agriculteurs. Comment justifier le recours au vandalisme d’autant plus que le GEVES (Groupe d’Etude et de Contrôle des Variétés et des Semences) détaille la démarche de dialogue et de transparence établie avec les faucheurs volontaires eux-mêmes ! Une présentation avait d’ailleurs été organisée par le GEVES lui-même !

Comment justifier ces destructions et le saccage de toutes ces variétés ? Certaines étaient issues ces semences tolérantes aux herbicides. C’est la fameuse mutagénèse dénoncée par les faucheurs. Faut-il rappeler que cette technique a été mise au point il y a 80 ans puis développée par l’INRA. C’est une technique utilisée largement en agriculture biologique et conventionnelle.

Nous autres agriculteurs qui avons subi dans le passé la violence des faucheurs volontaires, ces saccages menés selon des méthodes commandos parfaitement rodées sont inadmissibles. Le traumatisme causé par ces vandales à l’été 2010 dans nos champs demeure toujours !

La maladie des anti-tout ? La lecture partielle de Paul Le Hire du Monde

« Comment des OGM cachés arrivent sur le marché ». C’est le titre, sans point d’interrogation, d’un article publié hier dans Le Monde. Paul Le Hir, le journaliste, annonce la culture d’OGM cachés en France et surtout l’arrivée de nouveaux OGM. Vu la première partie de son papier, il est clair que Monsieur Le Hir n’a pas dû beaucoup travailler le sujet. Il s’est contenté d’un simple copier-coller de la prose des faucheurs volontaires ; ceux-là même qui sont venus faucher chez moi en 2010.
Pour le journaliste du Monde, les plantes tolérantes sont simplement synonymes de  « plus de pesticides ». Il aurait pu faire quelques recherches sur les utilisations de la technologie de la mutagénèse comme par exemple les tournesols oléiques ou la betterave sucrière. Prenons me cas de la betterave : dans la logique des faucheurs volontaires (et de Paul Le Hir), les scientifiques qui ont découvert les graines monogerme génétique doivent être condamnés puisqu’en favorisant la suppression du démariage, ils ont fait du tort à l’emploi ! Cela dit, je voudrais bien les voir les écolos dans les champs de betteraves à faire du démariage…
Ce qui est récurrent chez nos camarades faucheurs c’est leur capacité à ne lire qu’a moitié ou uniquement ce qui les intéresse. Si on devait dessiner la réglementation européenne sur les OGM, elle aurait la forme d’un entonnoir. En haut, une définition large pour ensuite article par article arriver à une définition juridique précise. Cette forme d’écriture est-elle une spécificité à la réglementation OGM ? Non.
Prenons le code pénal sur la dégradation en réunion (cas de fauchage d’une culture) : à l’article 1 (Article 322-1 ), il est précisé un montant d’amende (30.000 €) ainsi qu’une peine de prison (3 ans) sauf s’il n’en est résulté qu’un dommage léger. Si vous continuez la lecture du code pénal, vous verrez que pour une série de cas particuliers les peines sont modulées, en plus ou en moins. Cet exemple montre qu’il faut toujours avoir une lecture complète d’un texte. Force est de constater que le journaliste du monde ne se prête pas à ce type de démarche. Dommage pour la crédibilité de son papier.
Le reste de l’article présente de nouvelles technologies de biologie moléculaire. Bien évidement les petits savants des faucheurs volontaires annoncent la fin du monde. Heureusement le journaliste a interrogé l’INRA (il a fait l’effort, histoire de crédibiliser son papier).).
Il est dommage que le Monde se livre à ce type de démarche surtout que c’est le même journal qui m’a fait découvrir qu’une des technique contestée par nos zozos était l’œuvre d’une chercheuse française.

Alors Paul Le Hir, il serait préférable de lire les articles de la rubrique Sciences du Monde plutôt que les tracts des militants écolos…

Vandale : un passeport pour siéger au HCB !

Je viens de découvrir un truc incroyable : l’organisateur ou le patron du fauchage de nos parcelles de tournesol en juillet 2010 vient d’être nommé au comité économique, éthique et social (CEES) du Haut Conseil des biotechnologies par un décret signé par Ségolène Royal. Il s’agit de Jean Luc Juthier représentant de la Confédération paysanne ! (source)
Le jour des fauchages il était l’organisateur des destructions. Les images vidéo de TV Tours en témoignent. Bien entendu il n’a pas été poursuivi. Il donnait que les ordres de fauchages.

Ce que je sais de lui. C’est un producteur de fruits et légumes en Gaec avec son fils du coté de Lyon. A propos sur les plantes tolérantes, il explique tranquillement et avec un certain talent de manipulation tous les dangers agronomiques. La fin du monde n’est pas loin ! Sauf que lui, quand il rencontre des difficultés avec des parasites il interprète comme bon lui semble la réglementation du bio. Et tiens que je te mette de l’huile de neem (une substance toxique suspectée d’être un perturbateur endocrinien) dans mon verger.

Voir en fin de reportage d’Arte les propos de son fils :

Le HCB est une instance officielle qui donne son avis sur tout les dossier OGM (autorisation mise en marché, essais…). Le CEES comme son nom l’indique se doit d’analyser au cas par cas sauf sur les aspect scientifiques. C’est dans ce comité que sont discuté les impacts économiques et aussi agronomiques. Au vu de la composition de ce comité et des positionnements affichés par ses membres, on peut légitimement se poser la question de l’utilité de le réunir. Jean- Luc Juthier conseillera utilement sur comment détruire – il a de l’expérience- et surtout comment on peut se soustraire de la loi.

Le site Info OGM : information ou propagande ?

Dans la galaxie des Faucheurs volontaires, les rôles sont très bien répartis. Les Faucheurs volontaires s’occupent des bases œuvres : saccages et destructions de champs. Le site INF‘OGM s’occupe, lui, de les justifier. Sur un ton faussement neutre et journalistique. On se croirait (presque) dans le journal Le Monde. Dernièrement le rédacteur du site, Christophe Noisette, a publié une page relatant les dernières actions contre les plantes issues de la mutagénèse (voir ici).
Derrière une écriture qui se veut factuelle et « objective » donc, le texte justifie la violence comme mode d’action. La pression exercée contre le Cetiom, le Centre technique sur les oléagineux ? Allez hop, viens là que je te détourne en partie les propos d’un ingénieur de cet institut technique, Gilles Sauzet. C‘est ce même ingénieur qui suit particulièrement toutes les démarches visant à réduire l’utilisation d’herbicides ainsi que toutes les techniques innovantes de semis avec plantes compagnes.
Monsieur Noisette, vous voulez supprimer l’utilisation d’herbicides ? Pas aussi évident que cela et pas aussi simple. Dans l’absolu et vu depuis votre ordinateur, cela doit marcher. Mais la réalité est plus complexe : il faut tenir compte de la situation de la parcelle et de la météo de l’année. Passer à 0 phyto, c’est jouer à la roulette russe. Ça peut marcher comme ça peut être un fiasco ! Il est amusant de noter que « pour les Faucheurs, « seules de bonnes pratiques agronomiques peuvent maintenir à un niveau acceptable les adventices et ravageurs sur le long terme ». Ben voyons. Ce groupuscule vieillissant qui ne connaît pas les pratiques agricoles se permet d’expliquer ce qu’est l’agriculture aux paysans. Allez un petit effort et ils donneront bientôt des conseils à un médecin ! Leur légitimité sera tout aussi grande.
Soyons clair, l’utilisation de variété tolérante à un herbicide peut sécuriser dans des contextes précis le semis avec des plantes compagnes. Le rôle du CETIOM est de nous aider à trouver les meilleurs compromis techniques. Les parcelles détruites par les délinquants autobaptisés faucheurs volontaires, protégés par Christophe Noisette, étaient dédiées à des techniques de réduction d’utilisation de pesticides pour justement trouver les meilleure avancées agronomiques.

Monsieur Noisette, une démarche technique s’analyse sur des faits, des chiffres et non pas sur des aprioris idéologiques.
On pourrait engager un dialogue avec les faucheurs volontaires mais comment pourrait-on dialoguer avec des délinquants ? Comment pouvez-vous justifier les destructions des parcelles expérimentales ? Au fait, c’est pas très joli-joli de laisser les autres détruire et de se draper dans le manteau de la vertu…
Bon nous retournons au champ : laissez-nous travailler et laissez le CETIOM trouver le meilleur équilibre agronomique.
Pour ce qui est du dialogue avec les Faucheurs, j’ai déjà donné : à part réciter vos argumentaires, c’est le vide agronomique.

Les délires des faucheurs volontaires

En regardant le reportage sur France 3 bourgogne, j’ai redécouvert Fabien Houyez, impliqué dans la destruction de nos parcelles de tournesol en juillet 2010. Je dois dire qu’il faut s’accrocher sur le plan technique. Je vous propose d’ailleurs d’en savoir plus sur ce personnage en allant sur cette page dont voici un extrait :

Reste aussi pour celles et ceux qui en ont la possibilité de faire leurs potagers, mais là encore combien de temps nous reste-t-il avant les transfert de gènes horizontaux, car encore une fois les semenciers n’ont pas castré ces plantes, c’était sans doute plus pratique pour demander des royalties à des personnes qui ne voulaient pas forcément de ces pgm.
Je ne vais pas me faire que des ami-e-s mais j’aimerais croire que les soit disant alternatives du type AMAPP, agriculture bio ou biodynamique soient une solution, je l’ai même cru à une époque, mais je pense que si c’était de vraies alternatives au mode économique dominant, celui-ci prendrait les mesures nécessaires à l’éradication de ce qui pourrait le mettre à mal. »
Entre la parano et les délires technophobes, il fait fort le garçon « sans emploi. »

Pour continuer dans la rubrique « délires des faucheurs », je vous propose de lire la fin du récit de l’assemblée général des faucheurs volontaire du week-end des 10 et 11 juillet derniers. Ce récit nous dévoile légèrement le dessous de cartes et en dit long sur certains délires intellectuels.
En fin de billet, on peut notamment découvrir cette anecdote qui en dit long :

« Or, le samedi soir, juste après la discussion concernant la relation de l’association avec la science, une personne s’est assise à côté, et nous avons commencé à discuter. Je ne sais comment c’est venu, mais à un moment, j’ai fait valoir que des procédés de destruction de l’humanité, il y en avait plusieurs et qu’il était difficile de s’y reconnaître. J’ai alors cité le Georgia Guidestone, dont le projet consiste à tuer plus de 93 % de la population mondiale ! Et là, surprise : je me suis entendu répondre :
– « Oh, là, vous savez, moi je suis assez pour. On est trop nombreux. Mais bien sûr, il faut que ce soit bien fait ! »
Et tout d’un coup, je me sentais triste. Cette réunion n’avait plus aucun intérêt pour moi, je suis rentré dans la foulée à la maison. Je ne crois plus aux faucheurs volontaires : une dictature contre celles et ceux qui ne sont pas d’accord avec eux, doublée d’au-moins un fou qui veut bien que tout le monde soit assassiné sauf lui. Tout ça en moins de 24 heures, il n’y a pas de hasard. »

Par curiosité je suis allé voir sur Wikipedia pour en savoir plus sur Georgia Guidestone. C’est fou ! Mais le plus délirant, c’est peut-être la réponse du faucheur volontaire. On peut comprendre qu’avec de tels échanges, ils avaient besoin de prendre l’air et d’organiser une balade dans un champ de tournesol près de Rodez.